Exposition VARIATIONS de Virginie REMILLIEUX

Consultez le catalogue de l’exposition « Variations »
de Virginie Remillieux

En cliquant ici

Virginie Remillieux est une artiste permanente qui crée dans son atelier situé au sein de la galerie.
Nous proposons une exposition personnelle de ces dernières œuvres : VARIATIONS
Vous pourrez rencontrer cette artiste à la galerie tous les mardis et les jeudis et sur rendez-vous.

Abstraction et figuration
Mon travail pictural se situe dans cet aller-retour de l’apparition de la figure. Au fil des toiles s’estompe le figuré, ne laissant apparaître que la trame tissée de fusains et la lumière du blanc de zinc. Le corps représenté effacé par le brossage de la peinture rendant le personnage transparent.
Ce qui m’intéresse, c’est la représentation du corps comme une émanation, une empreinte, trace d’une présence. La chute des corps suspendue dans le temps, figés dans la toile, ou bien, camouflés dans le pigment, dilués, en attente de leurs disparitions, presque effacés mais encore perceptibles. Dans la toile se dessine un visage, la silhouette d’un être fantomatique errant, à la recherche d’une possible représentation.
Perdre, enfouir dans le pigment, le fusain, la figure, transfigurée par la matière des pigments, précipitée telle une chute d’eau, en devenir dans une mutation permanente. Créer une œuvre picturale comme un poème visuel est le sens de ma recherche, inspirée par certaines œuvres de l’artiste Bill Viola telles que « Ascension ».
Et par l’œuvre « Étant donné 1° el gaz d’éclairage 2°la chute d’eau » de marcel Duchamps, je recherche l’écriture plastique face au choc provoqué par l’énigmatique installation ; Pour moi évoquer la figure et sa représentation dans la peinture c’est parler du mystère, de la liberté, de l’énergie qui m’a été transmise en regardant les œuvres de peintres comme Francis Bacon, Georges Baselitz ou Gérhard Richter.

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Consulter la page de Virginie Remillieux sur notre site et sa boutique en ligne, en cliquant ici

Lire l’article de Niko Rodamel paru le 16 novembre 2020 dans le Petit Bulletin édition de Saint-Etienne en cliquant ici

« Peindre n’est pas dépeindre
Comme écrire n’est pas décrire »
G. Braque

Face à une œuvre de Virginie Remillieux on essaie de voir à travers, au-delà, de passer sous les couches de peintures, les coulures, les lignes, les traces de fusain, la trame pour tenter de saisir l’invisible corps qui est en cours de disparition dans la matière et dans le néant.
Face à une linogravure de Virginie, le regard se trouve confronté à une densité de ligne évoquant la verticalité de branches ou barreaux l’empêchant de pénétrer à l’intérieur. Le choix de cette technique et de l’imprimer sur une matière chaude et laineuse, trouble en augmentant la sensation de douceur masqué et impalpable.
Face aux peintures de Virginie où la dilution de la matière et de la couleur impose à nos yeux un balayage de haut vers le bas, n’est-ce pas pour mieux signifier et accompagner la fragilité de notre vie, sa chute inéluctable.
Ses corps androgynes dans leurs fragiles nudités basculent hors de la toile  pour disparaitre nous entrainant hors cadre.
Les références à Bacon, Baselitz et Bill Viola sont sous-jacentes, hommage discret d’une artiste qui a dans l’œil, gravé sur sa rétine, ces images fortes de l’art contemporain.
La dissolution de la peinture, des traits de fusain viennent encore une fois brouiller notre vision, comme une pluie qui ruisselle sur une vitre et nous empêche de discerner les formes.
Ce trouble flouté de notre vision est une manière pour l’artiste de mettre de la distance entre le représenté et notre perception, une manière de suggérer l’empreinte, la trace, le halo fantomatique de quelque chose qui a été là et qui déjà disparait, se liquéfie, s’évapore à notre approche….Métaphore de la quête du peintre qui voit la perfection s’éloigner au fur et à mesure de ses tentatives de rapprochement, comme si toutes ses œuvres n’étaient que tentatives, études qui en appellent d’autres, en séries, en variations tel un musicien pour toucher au plus près au thème central.
Face à la série des Marilyn de Virginie, le trouble est encore plus fort. Pourquoi cette série de photos de Bert Stern de 1962, les dernières de la star un mois avant sa disparition ont fasciné Virginie et pourquoi elles nous hypnotisent ?
Peut-être parce que cette icône, fantasme absolue de la femme libre et provocante y dévoile enfin sa fragilité et sa  disparition annoncée. Sa peau si blanche, capable de si bien capter la lumière pour les nombreux photographes qui l’ont sacralisé, devient juste une pâleur évanescente et ne laisse apparaitre que la toile blanche. Virginie ne laisse visible que le regard intense et vide déjà ailleurs et ces lèvres pulpeuses ultras féminines, dernier vestige de l’apparat hollywoodien survivante à cet effacement programmé.
Ces sept variations comme sept jours de la vie d’une femme, avec cette dislocation de plus en plus palpable, comme si le temps s’accélérait et rendait inévitable ce passage vers un ailleurs, tel un Roman Monroe ou plutôt une Marylin Opalka  qui marque le temps et  entraine vers l’oubli l’ensemble  des  clichés retouchées et fardées d’une femme sacrifiée.
La fascination que l’on ressent devant ces inexorables effacements rejoint peut être aussi de façon plus ludique et légère des souvenirs d’enfance. Qui n’a pas, en souvenir de parties de cache-cache où les amis doivent disparaitre, tricher en regardant malgré tout entre ses doigts des fragments de pistes, ou encore qui n’a pas un soir d’été cligner des yeux en scrutant la lumière à travers la frondaison des arbres ?
Virginie aimait jouer dans une forêt de bambous et donc apercevoir le réel au travers d’une trame, un filtre, une grille qui vient masquer en partie le réel et le rendre abstrait.
Et si face à toutes ces œuvres nous n’étions, après tout, que renvoyé à nos propre souvenirs, à tenter de voir au-delà des branches, des stores, des rideaux un monde s’évaporant comme ses êtres pour les garder présents en nous, blottis au fond de notre mémoire rétinienne.
Une façon douce d’accepter l’inéluctable fin et grâce au  travail de l’artiste d’atteindre une fragile immortalité.

Yvan Mathevet
9 octobre 2020

Pour tous renseignements concernant cette exposition, contactez-nous à l’aide du formulaire ci-dessous :

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