Je découvre de plus en plus d’artistes locaux au fil de mes recherches d’inspiration pour mes projets d’architecture d’intérieur. Récemment, mon attention s’est portée sur l’héritage artistique lyonnais, avec une curiosité particulière pour la famille Neyret et sa contribution exceptionnelle au patrimoine de Lyon. Mais qui est véritablement Louis Neyret ? Une confusion semble exister autour de ce nom, alors qu’il s’agit en réalité d’Annie et Régis Neyret, ces figures emblématiques du patrimoine lyonnais. Leur histoire mérite d’être racontée pour comprendre l’importance de leur legs culturel.
L’article en bref
| Points essentiels | Détails à retenir |
|---|---|
| Sauveurs du Vieux-Lyon | Empêcher la destruction du quartier historique grâce à la loi Malraux en 1964. |
| Philosophie humaniste | Défendre le principe « les Hommes passent avant les pierres » dans la préservation patrimoniale. |
| Statue commémorative | Inaugurer une œuvre en bronze réalisée par Annick Leroy en décembre 2023. |
| Grand Prix du patrimoine | Récompenser les initiatives citoyennes valorisant le patrimoine lyonnais chaque année. |
| Reconnaissance UNESCO | Contribuer à l’inscription de Lyon au Patrimoine Mondial de l’UNESCO. |
| Influence urbaine | Préserver plusieurs quartiers emblématiques comme la Croix-Rousse et les Subsistances. |
Les sauveurs du Vieux-Lyon : portrait d’Annie et Régis Neyret
Annie et Régis Neyret sont unanimement reconnus comme les véritables sauveurs du quartier historique du Vieux-Lyon. Leur engagement passionné pour la préservation du patrimoine architectural de la ville a transformé durablement le paysage urbain lyonnais. Pendant plus de 35 ans, ils ont habité au cœur même du quartier qu’ils défendaient, au 2 place du Change, également accessible par le 3 quai Romain Rolland.
Ce couple visionnaire a toujours placé l’humain au centre de ses préoccupations, avec comme devise inspirante : « les Hommes passent avant les pierres ». Cette philosophie reflète parfaitement leur approche : préserver le patrimoine non comme une fin en soi, mais comme un moyen de maintenir vivante l’âme d’une ville et son histoire. En me promenant dans ces rues pavées, je ressens aujourd’hui encore l’impact de leur combat.
Leur première grande victoire fut la désignation du Vieux-Lyon comme premier secteur sauvegardé de France en 1964, grâce à la loi Malraux. Cette reconnaissance officielle a sauvé ce quartier historique d’une destruction programmée et d’opérations immobilières qui auraient effacé des siècles d’histoire. Je me souviens encore de ma première visite dans ces traboules mystérieuses qui auraient pu disparaître sans leur intervention.
L’héritage Neyret s’étend bien au-delà du Vieux-Lyon. Ils ont également contribué à la reconnaissance du quartier des canuts à la Croix-Rousse, à la création du Marché de la création, à la reconversion intelligente de la Halle Tony Garnier et des anciennes prisons de Perrache, ainsi qu’au développement des Subsistances. Leur vision a façonné l’identité contemporaine de Lyon tout en préservant son âme historique.

Une statue en bronze pour immortaliser leur héritage culturel
En décembre 2023, j’ai eu la chance d’assister à l’inauguration d’une émouvante statue en bronze représentant Annie et Régis Neyret. Cette œuvre touchante, réalisée par la talentueuse sculptrice Annick Leroy, les immortalise assis main dans la main sur un banc, symbole parfait de leur complicité et de leur engagement partagé. L’emplacement de cette sculpture n’a rien du hasard : elle trône sur la Promenade Annie et Régis Neyret, partie haute du quai Romain-Rolland, juste en face de leur ancien appartement.
Posée le 1er décembre 2023 et inaugurée officiellement trois jours plus tard, cette statue commémore également le 25ème anniversaire de l’inscription de Lyon au Patrimoine Mondial de l’UNESCO, une autre réalisation majeure du couple Neyret. Lorsque je contemple cette œuvre, je suis frappé par l’humanité et la simplicité qui s’en dégagent, reflétant parfaitement les valeurs qu’ils défendaient.
Ce projet ambitieux, porté par l’association Renaissance du Vieux-Lyon (RVL) sous la présidence de Frédéric Auria, a nécessité un investissement total de 100 000 euros couvrant la création de la statue, sa pose, l’inauguration, l’entretien et les assurances. Une campagne de dons a permis de financer cette initiative, avec des réductions d’impôts significatives pour les contributeurs. Les noms des grands donateurs sont d’ailleurs gravés sur une plaque au dos du banc, témoignage pérenne de cet engagement collectif pour la mémoire lyonnaise.
La sculptrice Annick Leroy, basée à Eurre dans la Drôme, a été choisie pour son remarquable travail figuratif et sa capacité à insuffler vie et émotion dans le bronze. Certains critiques comparent son talent à celui d’Auguste Rodin ou de Camille Claudel, dont l’expressivité rappelle celle du peintre Luis Miguel Rivero. Son œuvre évoque l’humanité avec « ce don souverain de la synthèse, qu’on appelle aussi don de vie ».
L’héritage vivant des Neyret dans le Lyon contemporain
L’influence d’Annie et Régis Neyret continue de résonner dans Lyon bien au-delà de leur disparition. Le Grand Prix Citoyens du Patrimoine « Annie et Régis Neyret » en est peut-être la manifestation la plus concrète. Ce prix, créé en leur honneur, récompense des initiatives citoyennes visant à valoriser le patrimoine lyonnais. Présidé par Sylvain Godinot, Adjoint au Maire de Lyon délégué à la Transition écologique et au Patrimoine, ce concours incarne parfaitement la continuité de leur vision.
En 2025, ce prix a distingué plusieurs projets remarquables avec deux Grands Prix ex aequo, dotés chacun de 4 000 euros, ainsi que deux prix « Coup de cœur » de 1 000 euros chacun. Étant passionné de patrimoine et d’architecture, je suis ces attributions avec intérêt chaque année, y trouvant souvent de nouvelles inspirations pour mes propres projets de rénovation.
L’esprit des Neyret perdure également à travers l’association Renaissance du Vieux-Lyon, déclarée d’intérêt général, qui poursuit leur combat pour la préservation et la valorisation du patrimoine lyonnais. Cette association a d’ailleurs elle-même été récompensée par un Grand Prix Citoyens du Patrimoine, reconnaissance méritée de son engagement constant.
La famille Neyret continue de porter ce flambeau culturel, notamment à travers Michèle Neyret, sœur de Régis, qui a repris la Galerie L’Œil écoute. Lorsque je visite cette galerie pour trouver des pièces uniques destinées aux intérieurs que je conçois, je ressens cette continuité et cet attachement profond aux arts et au patrimoine qui caractérisaient le couple Neyret.
Les médias locaux et nationaux ont largement couvert l’histoire des Neyret, avec des reportages sur France 3 Auvergne Rhône-Alpes, des émissions sur Radio Lyon Demain et RCF Lyon, ainsi qu’un podcast Tempo particulièrement éclairant avec Michelle Neyret et Frédéric Auria. Cette couverture médiatique contribue à maintenir vivante la mémoire de ces défenseurs passionnés du patrimoine lyonnais, inspirant de nouvelles générations à s’engager pour leur ville.

À propos de Thomas
Architecte d’intérieur passionné et père de famille créatif, je transforme depuis plus de 10 ans les intérieurs en véritables œuvres d’art. Entre mes projets clients haut de gamme et l’aménagement de ma propre maison lyonnaise, je partage sur Art Pluriel mes meilleures astuces pour créer une déco authentique et accessible. Quand je ne dessine pas de nouvelles créations, vous me trouverez dans mon jardin à imaginer des aménagements paysagers ou à bricoler avec mes enfants Léa et Jules.
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