Qui est l'artiste Nicole Pfund

Qui est l’artiste Nicole Pfund ?

Nicole Pfund est une artiste peintre suisse dont l’œuvre captive par son univers onirique peuplé de personnages hybrides. Lors de ma visite à sa dernière exposition à la galerie Cridart de Metz, j’ai été immédiatement séduit par l’atmosphère si particulière qui émane de ses toiles. En tant qu’architecte d’intérieur, je recherche constamment des inspirations artistiques qui sortent des sentiers battus. L’univers de Nicole Pfund correspond parfaitement à cette quête. Ses créations évoquent un monde intemporel où la frontière entre l’humain et l’animal s’estompe délicatement, nous invitant à une réflexion sur notre propre nature.

L’article en bref

Idées principalesDétails à retenir
Univers artistique uniqueCréer des personnages hybrides mi-hommes mi-animaux dans un monde onirique et intemporel.
Parcours et techniqueTravailler la peinture à l’huile au couteau enrichie de glacis dans son atelier aveyronnais.
Thématique musicaleReprésenter des instruments de musique comme symboles de survie face au silence redouté.
Symbolisme visuelIntroduire des fenêtres et portes comme échappatoires métaphoriques dans ses compositions énigmatiques.
Engagement humanitaireOrganiser des ateliers d’arts plastiques en Palestine et soutenir les artistes locaux.
Rayonnement internationalExposer ses œuvres de la Suisse à Jérusalem en créant des ponts culturels à travers l’art.

Une artiste enracinée en Aveyron, mais tournée vers le monde

Née à Genève, Nicole Pfund a choisi de s’installer en Aveyron dès 1984, région où elle a établi son atelier au cœur de la nature. Ce cadre bucolique nourrit sa créativité depuis maintenant près de quarante ans. Affiliée à la Maison des Artistes depuis 1986 et membre de Visarte Paris, elle s’est forgé une solide réputation dans le milieu artistique français et international.

Sa technique picturale est aussi unique que méticuleuse. Elle travaille principalement la peinture à l’huile au couteau, qu’elle enrichit par une technique de glacis rappelant le fameux sfumato de Léonard de Vinci. Chaque toile reçoit une dizaine de couches fines, créant ainsi cette impression de tableaux anciens aux couleurs adoucies qui caractérise son style. J’ai été particulièrement frappé par sa palette chromatique composée de blancs denses, de gris profonds et de bleus subtils, qu’elle complète par des bruns, des ocres et des rouges.

Son parcours artistique est intriguant. Initialement attirée par l’abstraction, elle a progressivement développé le style figuratif qu’on lui connaît aujourd’hui. La musique, sa passion première, est devenue un sujet central de son œuvre, s’inscrivant ainsi dans une tradition familiale, son grand-père et son père étaient eux-mêmes peintres. Cette filiation artistique m’a rappelé combien nos choix professionnels sont souvent ancrés dans notre histoire personnelle.

Crédits : centrepresseaveyron.fr

Personnages solitaires et univers symbolique

L’univers de Nicole Pfund est peuplé de personnages mi-hommes mi-animaux, souvent représentés en musiciens, évoluant dans des décors intérieurs ou extérieurs. Ces êtres hybrides, qu’ils soient seuls ou en groupe, tiennent fréquemment des instruments de musique sans nécessairement en jouer. Cette particularité crée une tension narrative fascinante qui m’a immédiatement interpellé lors de ma découverte de son œuvre.

Au fil du temps, l’artiste a développé plusieurs séries emblématiques, dont celle des « Tagada », inspirée par les célèbres bonbons roses. Dans ses créations les plus récentes, j’ai observé une évolution marquante : les personnages disparaissent parfois complètement, ne laissant que leurs chaussures ou instruments, suggérant une présence absente qui intensifie le mystère de la composition.

Ce qui pourrait sembler anecdotique au premier regard cache en réalité une dimension métaphysique profonde. Ses personnages incarnent une humanité attentive, solitaire et parfois inquiète, reflétant nos propres questionnements existentiels. Le thème du silence est omniprésent dans son œuvre, comme elle l’exprime elle-même : « Mes tableaux sont emplis de silence que seuls les instruments de musique peuvent contrecarrer ». Ces instruments symbolisent un moyen de survie face au silence qu’elle redoute.

Les fenêtres et portes qui apparaissent régulièrement dans ses compositions représentent des échappatoires, des possibilités de fuite, ajoutant une couche supplémentaire de lecture à ses œuvres. Son art parvient à mêler avec brio humour, tendresse et questionnement existentiel, créant une expérience visuelle qui résonne longtemps après qu’on ait détourné le regard.

Crédits : artsper.com

Un engagement artistique au service de la Palestine

Au-delà de sa démarche artistique personnelle, Nicole Pfund se démarque par son engagement humanitaire. Depuis une quinzaine d’années, elle travaille activement en Palestine, organisant des ateliers d’arts plastiques à Naplouse, Hébron et Gaza. Cette dimension de son parcours m’a particulièrement touché, faisant écho à ma propre conviction que l’art doit aussi porter une dimension sociale et politique.

Sa générosité s’est manifestée par le don d’une œuvre au musée de Palestine, dont les collections sont actuellement entreposées à l’Institut du monde arabe à Paris. En décembre 2021, j’ai eu la chance d’assister à Villefranche-de-Rouergue à une exposition du collectif d’artistes gazaouis Eltiqa, qu’elle a contribué à fonder en 2002. Malgré les difficultés géopolitiques, elle maintient un contact précieux avec des artistes palestiniens comme Mohamed Al Hawajri, pris sous les bombardements à Gaza.

Sa collaboration avec l’Université des Beaux-Arts de Naplouse et l’université de Ramallah a donné naissance à un album illustré, témoignant de sa volonté de créer des ponts culturels à travers l’art. Elle a également réalisé des œuvres pour illustrer des couvertures de livres d’écrivains palestiniens et africains, contribuant ainsi à la diffusion de voix littéraires importantes mais parfois marginalisées.

Son parcours d’expositions témoigne de sa reconnaissance internationale : de la Galerie Liehrmann à Liège à la Galerie Carpe Diem à Toulouse, en passant par le Centre Culturel Français à Jérusalem et le Château de Dottenwil à Zurich. Nicole Pfund continue d’exposer régulièrement, comme en témoigne sa présence à la Galerie Cridart de Metz jusqu’au 10 avril 2021, exposition où j’ai eu le privilège de découvrir son univers intéressant qui influence désormais certains de mes projets d’architecture intérieure.

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