Les crottes de renard sont des indices importants pour identifier la présence de ces animaux dans votre jardin. D’une longueur d’environ 5 à 10 cm, elles se caractérisent par une forme cylindrique, une extrémité effilée et une texture contenant des restes alimentaires non digérés. Leur couleur peut varier du brun au noir, selon l’alimentation du renard. La présence de ces déjections peut indiquer des risques sanitaires, notamment l’échinococcose alvéolaire, une maladie transmissible. Il est donc essentiel de prendre des précautions lors de leur manipulation, comme porter des gants et désinfecter la zone. En parallèle, des solutions répulsives peuvent être mises en place pour dissuader les renards de revenir.
| L’article en résumé | |
|---|---|
| Points essentiels | Explications détaillées |
| Identification des crottes de renard | Reconnaître la forme cylindrique de 5-10 cm, l’extrémité effilée et la texture fibreuse contenant des restes non digérés. |
| Indices complémentaires de présence | Rechercher des empreintes, plumes dispersées, tunnels sous grillages et poils roux accrochés aux arbustes. |
| Risques sanitaires importants | Se protéger contre l’échinococcose alvéolaire, maladie grave dont les œufs survivent plus d’un an dans l’environnement. |
| Précautions nécessaires | Porter des gants, bien cuire les aliments à plus de 60°C et vermifuger régulièrement les animaux domestiques. |
| Nettoyage adéquat | Ramasser avec sac et pelle, puis désinfecter la zone avec un mélange eau-détergent pour éliminer tout résidu. |
| Solutions répulsives | Vaporiser du vinaigre blanc dilué, saupoudrer du poivre de Cayenne ou placer des boulettes de naphtaline. |
L’art de l’identification : Décrypter les excréments de renard
Identifier précisément une crotte de renard relève d’une véritable observation, un peu comme un architecte analyse les détails d’une structure pour en comprendre l’histoire. Ce n’est pas seulement une question de forme, mais un ensemble d’indices qui racontent une histoire sur la faune locale. La première caractéristique frappante est la forme générale.
Les excréments du renard roux sont typiquement allongés et cylindriques, mesurant entre 5 et 10 centimètres de long pour un diamètre avoisinant les 1 à 2 centimètres. Mais le détail qui ne trompe que rarement, c’est leur extrémité. L’une des pointes est souvent très effilée, presque torsadée, tandis que l’autre est plus large et plate. C’est une signature visuelle assez unique dans le monde des animaux sauvages de nos jardins.
La couleur et la texture offrent également une mine d’informations. La teinte des fèces varie du brun foncé au noir, une palette qui dépend directement du dernier repas de l’animal. En y regardant de plus près, on perçoit une texture qui n’est ni lisse ni homogène. Elle est souvent granuleuse, fibreuse, et parsemée de fragments non digérés. Il n’est pas rare d’y distinguer des poils de petits mammifères, des éclats d’os, des élytres d’insectes, ou encore des graines et des peaux de baies.
C’est un véritable menu à la carte qui reflète le régime alimentaire omnivore et opportuniste du renard. J’ai personnellement retrouvé des noyaux de cerises dans une crotte l’été dernier, signe que le renard s’était servi dans le verger du voisin avant de traverser mon jardin.
L’emplacement est un autre facteur déterminant. Le renard n’est pas négligent ; il utilise ses déjections comme un outil de communication, un marquage territorial puissant. Il choisit donc des lieux stratégiques et bien en vue pour déposer ses fèces. Vous ne les trouverez que rarement cachées dans l’herbe haute. Cherchez plutôt sur des objets surélevés : une souche d’arbre, un gros rocher plat, le rebord d’une terrasse en bois, ou même une marche d’escalier.
C’est une manière pour lui d’affirmer sa présence et de délimiter son territoire face à ses congénères. Cette pratique en fait une trace animale facile à repérer pour un œil averti. Pour le pisteur amateur, comprendre cette logique est la première étape pour confirmer la présence de l’animal.

Comparer pour mieux identifier : renard, chat, hérisson ?
La confusion est possible avec les déjections d’autres visiteurs du jardin. Il est donc utile de savoir les différencier pour ne pas tirer de conclusions hâtives.
- Crottes de chat : Elles sont souvent enfouies dans la terre meuble ou le sable. Le chat a l’instinct de cacher ses traces. Elles sont segmentées, plus sèches et ont une odeur très forte et caractéristique, bien différente de l’odeur musquée du renard.
- Crottes de hérisson : Elles sont beaucoup plus petites (environ 2 à 5 cm), noires et brillantes, et cylindriques. Elles contiennent principalement des restes d’insectes, ce qui leur donne un aspect scintillant dû aux carapaces.
- Crottes de fouine ou de martre : C’est la confusion la plus fréquente. Leurs crottes sont également torsadées et contiennent des restes alimentaires similaires. Cependant, celles de la fouine sont souvent déposées en « crottoirs », des latrines où l’animal revient régulièrement. L’odeur est aussi plus âcre.
| Animal | Taille typique | Forme | Contenu visible | Emplacement |
|---|---|---|---|---|
| Renard roux | 5-10 cm | Cylindrique avec une extrémité effilée | Poils, os, graines, insectes | Surélevé, en évidence (rocher, souche) |
| Chat domestique | Variable, souvent segmentée | Arrondie, en segments | Homogène (nourriture industrielle) | Enterrée dans le sol meuble |
| Hérisson | 2-5 cm | Petit cylindre noir et brillant | Restes d’insectes (élytres) | Au hasard sur la pelouse ou les chemins |
En apprenant à distinguer ces différents types d’excréments, vous affinez vos compétences de pisteur et développez une meilleure compréhension de la vie nocturne qui anime votre jardin. Chaque trace animale est une pièce du puzzle de votre écosystème local, une fenêtre ouverte sur la nature discrète qui vous entoure.
Au-delà des excréments : Lire les autres indices de la faune
La découverte de crottes n’est souvent que la première étape. Pour confirmer la présence régulière d’un renard, il faut jouer les détectives et chercher un faisceau de preuves concordantes. La nature nous offre une multitude de signes, à condition de savoir où et comment regarder. Les empreintes sont sans doute l’indice le plus parlant après les déjections. Celles du renard sont très caractéristiques : elles sont ovales et compactes, avec quatre pelotes digitales et des griffes non rétractiles bien visibles. La trace mesure environ 5 cm de long pour 3,5 cm de large.
Ce qui la distingue de celle d’un petit chien, c’est son alignement parfait. Le renard pratique ce que l’on appelle le « pistage direct » : il pose ses pattes arrière exactement dans les traces de ses pattes avant, créant une ligne presque droite et nette, surtout dans la neige ou la boue. C’est l’élégance même du déplacement optimisé.
L’environnement immédiat de votre maison et de votre jardin peut aussi trahir le passage du goupil. Examinez attentivement les clôtures et les grillages. Un renard est un excellent grimpeur, mais aussi un fouisseur tenace. La présence de tunnels creusés sous un grillage est un signe quasi certain. J’ai moi-même découvert une tentative de passage sous le grillage de mon composteur. La terre était fraîchement retournée et des poils roux étaient accrochés aux mailles métalliques.
Ces poils sont une preuve matérielle irréfutable. On peut en trouver également sur les arbustes bas ou les barbelés qu’il aurait pu frôler lors de ses pérégrinations nocturnes. Ces micro-indices sont précieux pour cartographier les itinéraires de la faune locale.
Les restes de repas sont un autre indicateur, bien que moins plaisant. Des plumes dispersées, surtout si elles sont accompagnées de petites traces de sang ou de restes de carcasse, peuvent signaler une attaque sur un oiseau. Si vous avez un poulailler, la vigilance est de mise. Une porte forcée, un grillage endommagé ou, bien sûr, la disparition d’une volaille sont des signes d’alerte maximums.
Le renard est un prédateur intelligent et méthodique. Il est capable d’observer les routines et d’exploiter la moindre faille de sécurité. Une simple inspection matinale des alentours du poulailler peut révéler des empreintes ou des tentatives d’effraction. La compréhension de ces comportements est essentielle pour cohabiter sereinement avec ces animaux sauvages.

Check-list des indices de présence du renard
Pour systématiser votre observation, voici une liste d’éléments à vérifier dans votre jardin et ses alentours. La présence de plusieurs de ces signes confirme à coup sûr le passage régulier d’un renard roux.
- Déjections caractéristiques : Allongées, torsadées à une extrémité, déposées sur des points proéminents.
- Empreintes ovales et alignées : Traces de 5 cm de long avec griffes visibles, formant une ligne droite.
- Poils roux ou gris : Accrochés aux grillages, barbelés ou branches basses.
- Tunnels et grattages : Trous creusés sous les clôtures, les cabanons ou les composteurs.
- Restes de proies : Plumes, carcasses partielles d’oiseaux ou de petits rongeurs.
- Odeur musquée : Une forte odeur persistante, surtout près des zones de marquage ou des tanières potentielles.
- Vocalises nocturnes : Des aboiements rauques ou des cris perçants, particulièrement audibles durant la période de reproduction en hiver.
| Indice / Trace animale | Description détaillée | Localisation la plus fréquente | Niveau de certitude |
|---|---|---|---|
| Empreinte | Ovale, 4 doigts, griffes marquées, alignement rectiligne. | Terre meuble, boue, neige, sable. | Élevé |
| Poils | Roux, gris ou blancs, souvent avec un sous-poil dense. | Clôtures, arbustes épineux, entrées de tunnels. | Très élevé |
| Tunnel | Trou d’environ 20-30 cm de diamètre sous un obstacle. | Base de grillage, de mur, de cabanon. | Élevé |
| Plumes | Amas de plumes au sol, parfois avec des traces de lutte. | Pelouse, près d’un poulailler, sous un arbre. | Moyen (peut être un autre prédateur) |
Risques sanitaires : Ce que les crottes de renard cachent
Aborder la question des crottes de renard ne peut se faire sans évoquer les risques sanitaires. En tant que père de jeunes enfants qui jouent dans le jardin, c’est une préoccupation que j’ai prise très au sérieux. Le principal danger, et le plus connu, est l’échinococcose alvéolaire. C’est une maladie parasitaire grave pour l’homme, causée par les œufs d’un petit ver plat, Echinococcus multilocularis, dont le renard est l’hôte principal.
Les renards infestés libèrent des millions d’œufs microscopiques dans leurs excréments. Ces œufs contaminent ensuite le sol, l’eau, et par conséquent, les baies sauvages, les champignons ou les légumes du potager. Le plus insidieux avec cette maladie, c’est sa période d’incubation extrêmement longue, qui peut s’étendre sur 10 à 15 ans avant que les premiers symptômes n’apparaissent au niveau du foie.
Ce qui rend ces œufs particulièrement redoutables, c’est leur résistance. Ils peuvent survivre plus d’un an dans l’environnement, notamment dans des conditions humides et froides. Un simple rinçage à l’eau claire des fruits et légumes du jardin n’est pas suffisant pour les éliminer. Seule une cuisson à plus de 60°C peut détruire les œufs de manière fiable. Cette information a changé ma façon de consommer les produits de mon propre potager.
Les fraises et les salades sont désormais lavées avec une attention extrême, et je suis encore plus vigilant sur la cuisson des légumes-racines. L’écologie du jardin implique aussi de connaître les cycles parasitaires pour s’en protéger efficacement.
Au-delà de l’échinococcose, les fèces de renard peuvent véhiculer d’autres pathogènes. La leptospirose, une maladie bactérienne principalement transmise par l’urine mais parfois présente dans les crottes, est un autre risque à considérer. Divers vers intestinaux, comme les ascaris, peuvent également être présents.
Ces parasites peuvent facilement infester nos animaux de compagnie, chiens et chats, qui, en reniflant ou en léchant des zones contaminées, peuvent devenir des porteurs et introduire les parasites dans la maison. Une vermifugation régulière et rigoureuse de nos compagnons à quatre pattes est donc une mesure de prévention indispensable.

Protocole de sécurité pour un jardin sain
Adopter quelques gestes simples et systématiques permet de réduire considérablement les risques de contamination. Il ne s’agit pas de psychoter, mais d’intégrer des habitudes de bon sens pour profiter de son extérieur en toute quiétude.
- Port de gants : Utilisez toujours des gants jetables ou en caoutchouc pour jardiner, et surtout pour ramasser les déjections animales.
- Lavage des mains : Lavez-vous systématiquement et soigneusement les mains avec du savon après chaque session de jardinage ou après avoir touché vos animaux de compagnie qui rentrent de l’extérieur.
- Nettoyage des récoltes : Lavez abondamment à l’eau potable tous les fruits et légumes cueillis à ras du sol (fraises, salades, herbes aromatiques).
- Cuisson des aliments : Faites cuire les légumes et les champignons cueillis dans des zones potentiellement fréquentées par des renards. Une température supérieure à 60°C neutralise le danger.
- Vermifugation des animaux : Suivez scrupuleusement le calendrier de vermifugation recommandé par votre vétérinaire pour vos chiens et chats.
- Protection du potager : Une petite clôture autour de la zone de culture peut limiter l’accès des animaux sauvages et réduire le risque de contamination directe des plantations.
| Pathogène | Mode de transmission principal | Risque pour l’humain | Mesure de prévention clé |
|---|---|---|---|
| Echinococcus multilocularis | Ingestion d’œufs via des végétaux souillés | Élevé (maladie grave) | Cuisson des aliments (>60°C), lavage minutieux des mains |
| Leptospirose | Contact avec de l’urine ou de l’eau contaminée | Modéré | Éviter le contact avec les eaux stagnantes, porter des gants |
| Vers intestinaux (ascaris) | Ingestion accidentelle d’œufs | Faible à modéré | Vermifuger les animaux domestiques, hygiène des mains |
En intégrant ces précautions, la cohabitation avec la faune devient plus sereine, transformant la potentielle source d’inquiétude en une simple gestion de la vie sauvage à notre porte.
Stratégies de gestion : Nettoyer et dissuader le renard roux
Une fois la présence du renard confirmée et les risques identifiés, l’étape suivante est purement pratique : comment nettoyer proprement et comment dissuader l’animal de transformer votre jardin en latrines permanentes ? La première action est le nettoyage. Cette opération doit être menée avec méthode pour être à la fois efficace et sécuritaire. Équipez-vous de gants en caoutchouc épais ou de gants jetables pour éviter tout contact direct avec les excréments.
Utilisez une petite pelle de jardin ou un morceau de carton rigide pour ramasser les crottes, que vous placerez dans un sac en plastique. Une fois collectées, refermez bien le sac et jetez-le dans la poubelle extérieure, pas dans le compost ! Après le ramassage, il est bon de désinfecter la zone. Un simple mélange d’eau chaude et de détergent ou un désinfectant ménager classique pulvérisé sur la zone suffit à éliminer les résidus potentiellement dangereux.
L’étape suivante est la dissuasion. L’objectif n’est pas de nuire à l’animal, mais de rendre votre jardin moins attractif pour lui. Le renard est très sensible aux odeurs. Utiliser des répulsifs olfactifs est une stratégie non-violente et souvent efficace. Le vinaigre blanc est un excellent allié. Dilué à 50% avec de l’eau et vaporisé sur les zones de passage ou de déjection, son odeur forte déplaît fortement au renard.
L’opération est à renouveler régulièrement, surtout après une pluie. Une autre astuce consiste à saupoudrer du poivre de Cayenne ou d’autres épices fortes aux endroits stratégiques. L’irritation que cela provoque sur les muqueuses du renard lorsqu’il renifle le sol l’incitera à chercher des lieux plus hospitaliers. Enfin, les boulettes de naphtaline, bien que leur usage soit plus controversé pour l’environnement, peuvent être placées près des points d’accès pour créer une barrière olfactive puissante.
Parallèlement aux répulsifs, il faut modifier l’environnement pour le rendre moins accueillant. Le renard est un opportuniste attiré par la nourriture facile. La première règle est donc de ne laisser aucune source de nourriture accessible. Les poubelles doivent être hermétiquement fermées, idéalement avec un système de verrouillage. Ne laissez pas les gamelles de vos animaux domestiques dehors pendant la nuit.
Le compost doit être bien géré et si possible fermé pour ne pas attirer les rongeurs, qui sont une proie de choix pour le renard. J’ai aussi testé avec succès des dispositifs qui perturbent ses habitudes nocturnes. Des lumières à détection de mouvement installées dans les coins sombres du jardin peuvent le surprendre et le faire fuir. J’ai même laissé une petite radio allumée à très faible volume près de mon potager pendant quelques nuits, le bruit de fond constant suffit à le rendre méfiant.
Quelle méthode choisir pour éloigner les renards ?
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| Méthode | Efficacité | Durée | Coût | Effort Requis |
|---|
Sécurisation des installations : le cas du poulailler
Si vous possédez des poules, la protection de leur habitat est la priorité absolue. Un renard peut décimer un poulailler en une seule nuit. Il faut penser comme lui pour anticiper ses attaques.
- Matériaux robustes : Optez pour une structure en bois épais. Le grillage à poule simple est insuffisant ; préférez un grillage soudé à mailles fines et solides.
- Fermetures sécurisées : N’utilisez pas de simples crochets ou loquets. Des verrous ou des targettes solides sont indispensables sur toutes les portes et trappes.
- Protection contre les tunnels : C’est le point faible de nombreux enclos. Pour empêcher le renard de creuser, enterrez le grillage sur au moins 30 à 40 cm de profondeur. Une alternative efficace est de poser des dalles ou des pierres plates tout autour de la base extérieure de l’enclos.
- Clôture complète : Idéalement, l’enclos doit être entièrement grillagé, y compris sur le dessus, pour parer aux tentatives d’escalade.
| Point faible du poulailler | Solution de sécurisation | Niveau de protection |
|---|---|---|
| Porte avec simple loquet | Installation d’un verrou ou cadenas | Élevé |
| Grillage fin ou endommagé | Remplacement par un grillage soudé et résistant | Très élevé |
| Absence de fondations | Enterrer le grillage ou poser des dalles périphériques | Très élevé |
| Toit ouvert ou non sécurisé | Couvrir l’enclos avec un filet ou un grillage | Élevé |
En combinant un nettoyage rigoureux, des stratégies de dissuasion et une sécurisation physique des points sensibles, il est tout à fait possible de limiter les nuisances causées par le passage du renard roux, tout en respectant sa place dans l’écologie locale.
Le renard roux, un acteur de notre écologie locale
Au-delà des désagréments qu’il peut causer, il est important de replacer le renard dans son contexte. Cet animal n’est pas un nuisible, mais un maillon essentiel de notre biodiversité, y compris en milieu périurbain. Ses excréments, que nous cherchons à nettoyer, sont en réalité de véritables capsules d’informations pour les scientifiques. Les biologistes spécialisés dans l’étude de la faune les utilisent comme des indicateurs écologiques précieux.
L’analyse ADN des crottes permet d’estimer la taille des populations, leur diversité génétique et les liens de parenté entre les individus, le tout sans avoir à capturer ou à perturber les animaux sauvages. C’est une méthode d’observation non invasive qui a révolutionné le suivi des espèces discrètes.
L’analyse du contenu des fèces, appelée coprologie, révèle avec une précision étonnante le régime alimentaire du renard roux et ses variations au fil des saisons. On peut ainsi savoir s’il se nourrit principalement de campagnols dans une zone rurale, de déchets alimentaires en ville, ou de fruits tombés des arbres en automne. Cette connaissance est fondamentale pour comprendre comment le renard s’adapte à des environnements modifiés par l’homme.
Les crottes peuvent même servir de bio-indicateurs de la santé d’un écosystème. La présence de certains polluants, de métaux lourds ou de pesticides peut y être détectée, informant les chercheurs sur le niveau de contamination de la chaîne alimentaire locale.
La présence de crottes dans un jardin suit également un cycle saisonnier assez prévisible. En hiver, lorsque la nourriture se fait rare dans la nature, les renards se rapprochent des habitations, et les marquages territoriaux peuvent augmenter. Le pic d’activité de marquage a lieu au printemps, durant la période de reproduction (mars-avril), où les déjections sont plus nombreuses et placées de manière encore plus ostentatoire.
Comprendre ce calendrier aide à anticiper les périodes où la vigilance doit être accrue. Loin d’être une simple salissure, chaque trace animale est un fragment de l’histoire naturelle qui se déroule sous nos yeux. Adopter cette perspective permet de passer d’une logique de « lutte contre » à une démarche de « cohabitation intelligente ».
Ce que les crottes nous apprennent sur l’écologie du renard
L’étude des déjections de renard est une discipline scientifique à part entière qui fournit des données essentielles pour la conservation et la gestion de l’espèce.
- Régime alimentaire : Identifie les proies principales et secondaires, et l’adaptation du renard aux ressources locales (rongeurs, oiseaux, insectes, fruits, déchets).
- Santé de la population : Permet de détecter la présence de parasites internes et de surveiller la propagation de maladies comme la gale ou la rage.
- Génétique et dynamique des populations : L’ADN extrait des cellules intestinales présentes dans les crottes sert à identifier les individus, estimer la densité de population et étudier les flux de gènes.
- Territorialité et comportement social : L’emplacement et la fréquence des dépôts de fèces renseignent sur les limites des territoires et les interactions entre les individus.
- Surveillance environnementale : Sert de témoin pour la présence de contaminants chimiques dans l’environnement.
| Saison | Composants alimentaires dominants dans les crottes | Comportement du renard associé |
|---|---|---|
| Printemps | Oisillons, œufs, jeunes lapereaux, insectes. | Période de chasse active pour nourrir les renardeaux. |
| Été | Insectes (scarabées, sauterelles), baies, fruits (cerises). | Régime alimentaire diversifié, profitant de l’abondance estivale. |
| Automne | Fruits tombés (pommes, prunes), rongeurs, baies sauvages. | Constitution de réserves de graisse pour l’hiver. |
| Hiver | Micromammifères (campagnols, mulots), déchets humains. | Focalisation sur les proies les plus accessibles et énergétiques. |
En fin de compte, la crotte de renard est bien plus qu’un simple déchet. C’est un message, une carte de visite et un livre d’histoire naturelle à ciel ouvert pour qui sait le déchiffrer. Apprendre à lire ces signes nous reconnecte à l’écologie de notre propre jardin.
Les crottes de renard peuvent-elles être utilisées comme indicateur écologique par les scientifiques ?
Absolument. Les crottes de renard sont de précieux indicateurs écologiques pour les scientifiques. Les biologistes les collectent pour des analyses ADN afin d’estimer la taille et la diversité génétique des populations sans avoir à capturer les animaux. L’étude de leur contenu révèle les régimes alimentaires saisonniers et l’adaptation des renards aux différents milieux. Ces déjections servent aussi à détecter la présence de polluants, comme les métaux lourds, et à surveiller la propagation de maladies, contribuant ainsi à la conservation et à la gestion des populations de renards.
Existe-t-il des différences régionales dans la composition des crottes de renard ?
Oui, la composition des crottes de renard varie de manière importante selon les régions, ce qui témoigne de leur grande adaptabilité. En milieu rural, elles contiennent surtout des restes de petits mammifères. En ville, on y trouve davantage de déchets alimentaires et de fruits. Sur les littoraux, des fragments de crabes ou de poissons peuvent être présents. Ces variations géographiques font des excréments un véritable journal écologique de l’alimentation du renard en fonction des ressources locales.
Les répulsifs électroniques sont-ils efficaces contre les renards ?
L’efficacité des répulsifs électroniques est variable et souvent temporaire. Les appareils à ultrasons peuvent fonctionner au début, mais les renards s’y habituent généralement en quelques semaines. Les dispositifs qui combinent sons et flashs lumineux ont tendance à être plus efficaces sur le long terme. Les systèmes les plus performants sont souvent ceux qui se déclenchent par détection de mouvement et projettent un jet d’eau. Pour maximiser leur effet, il est conseillé de les déplacer régulièrement et de les utiliser en complément d’autres méthodes de dissuasion.
Peut-on distinguer le sexe ou l’âge d’un renard d’après ses crottes ?
Oui, les experts peuvent déduire des informations sur le sexe et l’âge d’un renard à partir de ses crottes. Celles des mâles adultes ont souvent une odeur plus forte en raison de sécrétions glandulaires plus abondantes, surtout en période de reproduction. Les déjections des jeunes renardeaux sont plus petites et révèlent une digestion moins efficace. Des analyses hormonales en laboratoire peuvent même confirmer le sexe de l’animal. Ces indices, combinés à l’emplacement des dépôts, aident les biologistes à comprendre la structure sociale des populations locales.
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À propos de Thomas
Architecte d’intérieur passionné et père de famille créatif, je transforme depuis plus de 10 ans les intérieurs en véritables œuvres d’art. Entre mes projets clients haut de gamme et l’aménagement de ma propre maison lyonnaise, je partage sur Art Pluriel mes meilleures astuces pour créer une déco authentique et accessible. Quand je ne dessine pas de nouvelles créations, vous me trouverez dans mon jardin à imaginer des aménagements paysagers ou à bricoler avec mes enfants Léa et Jules.
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