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Crottes de sanglier : comment les reconnaitre et s’en débarrasser ?

Identifier les crottes de sanglier dans son jardin ou lors d’une promenade est la première étape pour comprendre la présence de cet animal et agir en conséquence. Ces déjections se reconnaissent principalement à leur forme cylindrique, souvent regroupées en amas. Elles ressemblent à de petits boudins ou tonneaux, mesurant de 3 à 7 cm de long pour un diamètre de 1,5 à 3 cm. Leur couleur varie du brun foncé au noir, selon le régime alimentaire de l’animal. Contrairement aux crottes d’autres animaux, elles contiennent fréquemment des débris végétaux visibles comme des morceaux de glands, de maïs ou de racines. Savoir les reconnaître permet non seulement de confirmer le passage de sangliers, mais aussi d’évaluer la fraîcheur de leur visite et de mettre en place des solutions adaptées pour protéger votre terrain des dégâts potentiels, comme les fameux labours de pelouse.

L’article en résumé
Identification VisuelleForme de boudins cylindriques, 3-7 cm de long, couleur sombre, regroupées en amas.
Indices ComplémentairesTraces de sabots, terre retournée (fouissage), sentiers marqués (coulées).
Différenciation CléPlus grosses et regroupées que celles du chevreuil (petites billes), moins torsadées que celles du renard.
Solutions de PréventionClôtures robustes et enterrées, répulsifs olfactifs, sécurisation du compost.
Gestion des DéjectionsRamassage avec des gants pour des raisons sanitaires, élimination avec les déchets verts.

L’art de l’identification : reconnaître une crotte de sanglier à coup sûr

Lorsque j’ai entrepris la rénovation de ma maison des années 70, le jardin était une page blanche. J’y voyais une extension de mon travail d’architecte d’intérieur, un espace à sculpter. Mais la nature avait ses propres plans. Un matin, j’ai découvert une partie de la pelouse que je venais de soigner complètement retournée. À proximité, des amas de déjections sombres. Ma première pensée, comme beaucoup, a été d’accuser les chiens du voisinage. Pourtant, avec mon œil habitué à chercher le détail qui change tout, quelque chose clochait. Ces crottes étaient différentes. C’est là que mon enquête a commencé. Pour vous éviter ce questionnement, je vous partage les clés d’une identification sans faille.

La forme est le premier indice. Les crottes de sanglier se présentent comme des cylindres compacts, que l’on pourrait décrire comme de petits boudins ou des tonneaux. Elles sont souvent regroupées, car le sanglier, animal grégaire, a tendance à déféquer en groupe ou lors de ses déplacements sur ses coulées habituelles. La taille est également un critère déterminant : chaque élément mesure généralement entre 3 et 7 centimètres de long pour un diamètre variant de 1,5 à 3 centimètres. Cette dimension les place dans une catégorie bien à part, plus imposante que les crottes de chevreuil mais moins volumineuse que les bouses de vache, évidemment.

La couleur et la texture vous en diront long sur le menu récent de votre visiteur. Elles oscillent du brun foncé au noir intense, parfois avec des reflets verdâtres si l’animal a consommé beaucoup d’herbe. Une alimentation riche en glands ou en châtaignes, fréquente en automne, peut leur donner une consistance plus dure et une couleur presque noire. Si les sangliers ont fait un festin dans un champ de maïs voisin, vous pourriez trouver des grains non digérés, et la couleur sera plus claire. Une crotte fraîche sera humide, légèrement brillante et molle au toucher, tandis qu’une plus ancienne deviendra sèche, mate et friable. C’est une observation simple qui permet d’évaluer la date du passage.

Pour parfaire votre expertise, n’hésitez pas à observer la composition de plus près, sans y toucher directement bien sûr. Vous y découvrirez un véritable compte-rendu de son dernier repas.

  • Débris végétaux : Des fibres de racines, des morceaux de feuilles, des fragments de tubercules.
  • Grains et graines : Maïs, blé, ou autres céréales chapardées dans les cultures environnantes.
  • Restes de fruits : En été, des noyaux ou des peaux de fruits sauvages peuvent être visibles.
  • Coquilles : Des fragments de coques de glands, de faines ou de châtaignes.

Cette analyse est fascinante. Pour mes enfants, Léa et Jules, c’est devenu un jeu de piste. Un petit kit d’explorateur de chez Nature & Découvertes et nous voilà partis sur les traces de nos voisins sauvages. C’est une excellente manière de les connecter à leur environnement, tout en apprenant à lire les signes que la nature nous laisse.

Critère d’identificationDescription détaillée pour le Sanglier
Forme généraleCylindrique, aspect de boudin ou de tonneau, souvent bosselé.
RegroupementFréquemment en amas ou en chapelets le long d’un sentier.
Taille moyenneLongueur : 3 à 7 cm / Diamètre : 1,5 à 3 cm.
Couleur typiqueBrun très foncé à noir. Varie selon l’alimentation.
TextureFraîche : humide et souple. Ancienne : sèche et cassante.

Finalement, l’identification des crottes de sanglier est moins une corvée qu’une compétence d’observation. C’est un peu comme analyser la patine d’un meuble ancien ou la texture d’un matériau. Chaque détail raconte une histoire : celle d’un animal qui vit sa vie, suit les saisons et interagit avec le même territoire que nous. Comprendre ces signes est la première étape pour établir une cohabitation plus sereine.

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L’enquête sur le terrain : où et comment trouver les indices de présence

Identifier la crotte est une chose, mais comprendre le contexte de sa découverte en est une autre. C’est là que le travail de détective commence vraiment. Les sangliers ne laissent pas leurs déjections au hasard. Elles sont des marqueurs de territoire, des points sur une carte invisible qui dessine leurs habitudes de vie. En apprenant à lire cette carte, vous pourrez anticiper leurs passages et mieux protéger les zones sensibles de votre propriété. Après avoir subi plusieurs assauts sur mon potager en devenir, j’ai décidé d’appliquer la même rigueur méthodique que pour un projet de design : observer, analyser, comprendre les flux.

Les sangliers sont des créatures d’habitude. Ils fréquentent des zones précises qui répondent à leurs besoins fondamentaux : nourriture, eau et abri.

  • Les lisières de forêt : C’est la zone de prédilection. Elles offrent un accès rapide à la sécurité des bois tout en permettant des incursions dans les prairies ou les jardins pour se nourrir. C’est exactement la configuration de mon terrain.
  • Les points d’eau : Mares, ruisseaux, ou même une simple zone boueuse sont des lieux très attractifs. Les sangliers viennent y boire et s’y vautrer pour réguler leur température et se débarrasser des parasites. Les abords boueux sont parfaits pour repérer non seulement les crottes, mais aussi de magnifiques empreintes.
  • Les cultures et vergers : Un champ de maïs, un champ de pommes de terre ou un verger sont des restaurants cinq étoiles pour un sanglier. Les abords de ces parcelles sont des zones à inspecter en priorité.
  • Les sentiers et coulées : Les sangliers empruntent souvent les mêmes chemins, créant des « coulées » visibles dans la végétation. Ces autoroutes à sangliers sont littéralement jonchées d’indices, y compris des déjections.

Dans mon jardin, j’ai remarqué qu’ils suivaient toujours le même trajet : ils entrent par le fond, près du grand chêne, longent la haie, font une pause près du compost (une source d’odeurs alléchantes pour eux) avant de s’aventurer vers le potager. En identifiant ce parcours, j’ai pu concentrer mes efforts de protection sur cette zone précise.

Mais la crotte n’est jamais seule. Elle fait partie d’un ensemble d’indices qui, une fois assemblés, ne laissent plus de place au doute. Le plus évident est le fouissage. C’est l’action de retourner la terre avec leur groin puissant pour chercher des vers, des larves, des racines ou des tubercules. Une pelouse qui ressemble à un champ de labour le matin est une signature quasi certaine. Les empreintes, ou traces, sont un autre indice précieux.

Le sanglier a un sabot bifide, c’est-à-dire en deux parties, qui laisse une trace caractéristique, souvent complétée à l’arrière par les deux gardes (ergots). Une empreinte d’adulte mesure entre 6 et 8 centimètres de long. Enfin, les frottis contre les arbres, des traces de boue et de poils laissées sur les troncs à hauteur d’animal, sont aussi des signes de leur passage régulier.

Pour savoir si le passage est récent, la technique du pouce est infaillible. Avec un gant ou un bâton, exercez une légère pression sur la crotte. Si elle est molle et s’écrase facilement, le passage date de moins de 24 à 48 heures. Si elle est dure et sèche, elle est là depuis plusieurs jours, voire semaines. La météo influence grandement ce processus : la pluie la maintiendra molle plus longtemps, tandis que le soleil et le vent la dessécheront rapidement.

Cette information est capitale : des crottes fraîches chaque matin signifient une visite nocturne régulière, et donc un besoin d’agir vite.

Indice de PrésenceDescriptionLocalisation typique
Fouissage (terre retournée)Zones de pelouse, potagers ou prairies labourées sur plusieurs mètres carrés.Partout où le sol est meuble et riche en nourriture (vers, racines).
Empreintes (traces)Sabot à deux doigts (bifide), mesurant 6-8 cm. Les gardes sont souvent visibles.Dans la boue, la terre meuble, la neige, près des points d’eau.
Coulées (sentiers)Passages marqués dans les herbes hautes, les broussailles ou sous les clôtures.Entre les zones de repos (forêt) et les zones de nourrissage (champs, jardins).
Souilles (bauges)Dépressions boueuses où les sangliers se vautrent.Près des points d’eau, dans des zones humides et ombragées.
FrottisTraces de boue et de poils sur les troncs d’arbres à basse hauteur.Le long des coulées, sur des arbres à l’écorce rugueuse.

Cette phase d’enquête est passionnante. Elle transforme un problème de jardinage en une exploration de la faune locale. En comprenant le comportement de ces animaux, on passe de la simple réaction à une stratégie proactive, ce qui est bien plus satisfaisant, tant sur le plan intellectuel que pratique.

Le grand comparatif : ne plus jamais confondre les déjections de sanglier

Au début de mes investigations, toute crotte un peu suspecte dans le jardin était pour moi une « crotte de sanglier ». C’était une erreur de débutant. La forêt et ses abords abritent une faune variée, et chaque animal laisse une carte de visite bien distincte. Apprendre à les différencier est non seulement utile pour identifier le bon « coupable » des dégâts, mais c’est aussi une façon d’affiner sa connaissance de l’écosystème local. C’est un peu comme distinguer un style Art Déco d’un style Art Nouveau ; les lignes générales peuvent se ressembler, mais les détails changent tout.

La confusion la plus fréquente est celle avec les cervidés, principalement le chevreuil et le cerf. Les crottes de chevreuil, appelées « moquettes », sont de petites billes ovales, noires et luisantes, d’environ 1 cm de long. Elles sont souvent regroupées en un tas compact et net. Celles du cerf sont similaires mais plus grosses, de la taille d’une olive. La différence fondamentale avec le sanglier réside dans la forme et l’agglomération.

Le sanglier produit des boudins cylindriques souvent collés les uns aux autres, tandis que les cervidés produisent des crottes bien séparées. De plus, en tant qu’herbivores stricts, leurs déjections ne contiennent que des fibres végétales très fines, sans les gros débris que l’on trouve chez le sanglier omnivore.

Un autre voisin commun est le renard. Ses crottes, appelées « laissées », sont très caractéristiques. Elles sont généralement torsadées et se terminent par une pointe effilée. L’odeur est forte et musquée, bien plus prononcée que celle du sanglier. Surtout, leur contenu trahit leur régime alimentaire de carnivore opportuniste : on y trouve presque toujours des poils de rongeurs, des fragments d’os, des plumes ou des restes d’insectes. Le renard dépose souvent ses laissées bien en évidence, sur une pierre ou une souche, pour marquer son territoire.

Le blaireau, lui, est le plus propre des animaux de la forêt. Il fait ses besoins dans des « pots », de petits trous qu’il creuse spécifiquement pour cet usage. Ses crottes sont moulées, d’une consistance pâteuse et d’une couleur allant du brun au noir. Elles sont moins structurées que celles du sanglier et contiennent souvent des restes de vers de terre, d’insectes ou de baies. Trouver un tel « pot » est une signature quasi certaine du blaireau.

Pour vous aider à y voir plus clair, voici une petite liste de questions à vous poser lorsque vous trouvez une déjection suspecte :

  • Quelle est la forme générale ? Des boudins (sanglier), des billes (chevreuil), une torsade (renard) ?
  • Sont-elles regroupées ? En amas compact (sanglier, chevreuil) ou isolées (renard) ?
  • Quelle est la taille de chaque élément ? Grande (sanglier), moyenne (renard) ou petite (chevreuil) ?
  • Que puis-je voir à l’intérieur ? Des fibres végétales (tous), des grains (sanglier), des poils/os (renard) ?
  • Où l’ai-je trouvée ? Au milieu d’un sentier (tous), sur un rocher (renard) ou dans un trou (blaireau) ?

Cette démarche systématique permet d’éviter les conclusions hâtives. Un excellent ouvrage pour approfondir le sujet est le guide des traces d’animaux des éditions Terre Vivante, qui est devenu une référence dans la bibliothèque familiale, juste à côté des magazines de décoration.

Maîtriser ce comparatif, c’est un peu acquérir un nouveau langage, celui de la nature. Cela change complètement la perception d’une simple promenade en forêt ou même d’une inspection de son propre jardin. Chaque trace devient un indice, chaque indice une histoire. Et lorsque vous êtes certain d’avoir affaire à des sangliers, vous pouvez passer à l’étape suivante : la protection efficace de votre espace.

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Protéger son jardin : les stratégies efficaces pour éloigner les sangliers

Une fois le diagnostic posé, vient le temps de l’action. Voir son jardin, fruit de nombreuses heures de travail et d’investissement, dévasté en une nuit est profondément frustrant. En tant que créatif qui cherche à concevoir des espaces harmonieux, cette intrusion du chaos sauvage est un véritable défi. La solution ne réside pas dans une guerre totale, mais dans une approche stratégique et réfléchie, mêlant prévention, dissuasion et protection physique. L’objectif est de rendre votre jardin moins attractif et plus difficile d’accès que le territoire voisin.

La solution la plus radicale et la plus efficace sur le long terme est la clôture. Mais attention, pas n’importe laquelle. Un simple grillage ne suffira pas. Le sanglier est un animal puissant et intelligent. Il peut soulever un grillage souple avec son groin ou creuser en dessous. Pour être réellement efficace, une clôture doit répondre à plusieurs critères :

  • Solidité : Optez pour un grillage rigide ou soudé, de type « ursus », reconnu pour sa résistance.
  • Hauteur : Une hauteur de 1,50 mètre est un minimum pour décourager les sauts.
  • Ancrage au sol : C’est le point le plus important. Il faut enterrer le grillage sur au moins 30 à 40 centimètres de profondeur, ou le courber à 90° vers l’extérieur et le recouvrir de terre ou de pierres. Cette « bavette » enterrée les empêchera de creuser.
  • Tension : Des poteaux bien ancrés et des tendeurs sont indispensables pour que la clôture reste bien tendue.

Personnellement, j’ai choisi une solution qui allie efficacité et esthétique : des panneaux de bois robustes sur les parties visibles depuis la maison, et un grillage semi-enterré de qualité sur les limites moins exposées. C’est un budget, mais c’est l’assurance d’une tranquillité durable.

En complément ou en alternative à la clôture, les répulsifs peuvent jouer un rôle de dissuasion. Leur efficacité est plus variable et souvent temporaire, car les sangliers peuvent s’y habituer. Il en existe plusieurs types. Les répulsifs olfactifs sont les plus courants. Des produits commerciaux comme le Patou repulsif ou certaines formules sont basés sur des odeurs que les sangliers exècrent. L’alternative naturelle, que j’ai testée avec un succès mitigé, consiste à disperser des cheveux humains (récupérés chez le coiffeur), de l’huile de cade ou d’autres substances à forte odeur. Le principal inconvénient est que leur efficacité diminue fortement avec la pluie et qu’il faut renouveler les applications très régulièrement. Des marques proposent aussi des solutions plus respectueuses de l’environnement.

La prévention passe aussi par la gestion de votre jardin. Il faut éliminer les « aimants à sangliers ». Le compost est en tête de liste. Un composteur ouvert est une invitation à un festin. Assurez-vous que votre composteur soit fermé, solide et, si possible, surélevé ou entouré d’un petit grillage. Ne jetez jamais de viande ou de restes de repas cuits dans le compost. De même, ramassez les fruits tombés des arbres et ne laissez pas de nourriture pour animaux domestiques à l’extérieur pendant la nuit. Moins votre jardin sera une source de nourriture facile, moins il sera attractif.

Méthode de ProtectionEfficacitéCoûtDurabilitéConseil Pratique
Clôture ÉlectriqueTrès élevéeMoyen à élevéÉlevée (entretien nécessaire)Placer les fils à 20, 40 et 60 cm du sol. Signalisation obligatoire.
Clôture Rigide EnterréeTrès élevéeÉlevéTrès élevéeLa solution la plus pérenne et la moins contraignante au quotidien.
Répulsifs CommerciauxMoyenneFaible à moyenFaible (à renouveler souvent)Alterner les types de répulsifs pour éviter l’accoutumance.
Répulsifs NaturelsFaible à moyenneTrès faibleTrès faible (lessivés par la pluie)À utiliser en complément, sur des zones de passage spécifiques.
Gestion du JardinMoyenne (préventif)NulContinueSécuriser le compost est la première action à mener.

Pour les cas les plus extrêmes, des dispositifs à ultrasons ou des effaroucheurs lumineux peuvent être envisagés, mais leur efficacité sur le sanglier est souvent débattue. Si le problème persiste et que les dégâts sont considérables, il peut être judicieux de contacter la fédération de chasse locale ou des entreprises spécialisées comme Rentokil pour obtenir des conseils adaptés à votre situation. La cohabitation est un équilibre à trouver, et il faut parfois combiner plusieurs stratégies pour retrouver la sérénité au jardin.

Au-delà de la nuisance : que faire des crottes et comprendre le rôle du sanglier

Face à une pelouse labourée et des déjections éparpillées, la première réaction est souvent l’exaspération. C’est tout à fait naturel. Cependant, une fois la phase de protection mise en place, il est intéressant de prendre un peu de recul. Que faire concrètement de ces crottes ? Et ce visiteur nocturne, n’a-t-il qu’un rôle de « nuisible » ? En tant que personne sensible à l’équilibre et au respect de l’environnement, ces questions me semblent importantes. On ne peut pas simplement chercher à éradiquer, il faut aussi comprendre.

La première question est pratique : comment se débarrasser des crottes de sanglier en toute sécurité ? Il est primordial de ne pas les manipuler à mains nues. Les sangliers, comme de nombreux animaux sauvages, peuvent être porteurs de parasites ou de maladies transmissibles à l’homme ou aux animaux domestiques (zoonoses). L’utilisation de gants est donc non négociable. Pour le ramassage, une simple pelle de jardinage fait l’affaire. Des marques comme Fiskars proposent des outils légers et ergonomiques qui rendent la tâche moins pénible. Une fois collectées, plusieurs options s’offrent à vous :

  • L’élimination simple : La solution la plus sûre est de les mettre dans un sac et de les jeter avec les ordures ménagères ou de les enfouir profondément dans un coin reculé du jardin où personne ne va.
  • Le compostage : L’idée d’utiliser ces déjections comme engrais est séduisante. Après tout, c’est de la matière organique riche. Cependant, cela requiert d’extrêmes précautions. Pour détruire les potentiels pathogènes, il faut un compostage à chaud, c’est-à-dire qui atteint une température de 60-70°C pendant plusieurs semaines. C’est difficile à réaliser dans un composteur domestique classique. Pour ma part, j’ai jugé le risque trop élevé, surtout avec de jeunes enfants jouant dans le jardin. Je déconseille cette pratique aux non-initiés.

Un nettoyage régulier est aussi une forme de prévention. En enlevant les crottes, vous supprimez les marqueurs olfactifs qui signalent aux autres sangliers que la zone est sûre et fréquentée par leurs congénères.

Au-delà de ces aspects pratiques, il est fascinant de considérer le rôle écologique du sanglier. Loin d’être un simple destructeur, il est aussi un « ingénieur des écosystèmes ». En fouillant le sol avec son groin, il réalise un travail d’aération qui peut être bénéfique. Ce labourage naturel permet de mélanger les couches superficielles du sol, d’enfouir des graines et de favoriser la germination de certaines espèces végétales. Il participe activement à la régénération de la forêt. De plus, en se nourrissant de fruits et de graines, il en disperse les noyaux et pépins sur de longues distances via ses déjections, contribuant ainsi à la dissémination des plantes.

C’est un animal omnivore qui joue aussi un rôle de régulateur. Il consomme des insectes, des larves, des rongeurs et même des charognes, participant au nettoyage de la forêt. Bien sûr, lorsque sa population devient trop dense, en l’absence de prédateurs naturels et à cause de certaines pratiques agricoles (monocultures de maïs), la pression qu’il exerce sur le milieu devient trop forte et les conflits avec les activités humaines s’intensifient.

La problématique est donc complexe et réside plus dans un déséquilibre que dans la nature même de l’animal. On peut trouver des informations très pertinentes sur une gestion plus harmonieuse de la faune sauvage auprès d’organismes comme Agradi, qui s’intéressent autant à l’élevage qu’à la faune environnante.

Aspect du SanglierImpact Négatif (pour le jardinier)Impact Positif (pour l’écosystème)
Régime alimentaireDégâts sur les cultures, potagers, vergers.Consommation de charognes, régulation de populations d’insectes et rongeurs.
FouissageDestruction des pelouses, prairies, jeunes plantations.Aération des sols, favorisation de la germination de graines.
DéplacementsDestruction de clôtures, transmission de maladies.Dissémination des graines et des spores de champignons (via les déjections).
Présence généraleSentiment d’insécurité, nuisances sonores.Maillon important de la chaîne alimentaire, indicateur de la santé d’une forêt.

Cette double perspective change tout. Le sanglier n’est plus seulement l’ennemi de mon gazon parfait, mais un acteur complexe de l’environnement qui m’entoure. Mon rôle, en tant que propriétaire d’un terrain qui est aussi son territoire, est de trouver le juste milieu : protéger mon espace de vie sans nier le sien. C’est un défi de design à grande échelle, celui de la cohabitation intelligente entre l’homme et la nature.

Les sangliers sont-ils dangereux s’ils sont dans mon jardin ?

En général, le sanglier est un animal craintif qui évite le contact avec l’homme. Le danger survient principalement dans des situations spécifiques : une laie (femelle) accompagnée de ses marcassins (ses petits) se sentira menacée et pourra charger pour les défendre. De même, un animal blessé ou acculé peut devenir très agressif. La meilleure attitude est de ne jamais chercher à s’approcher, de faire du bruit pour signaler votre présence et de leur laisser toujours une voie de sortie. Ne les nourrissez surtout pas.

L’odeur des crottes de sanglier peut-elle attirer d’autres animaux ?

Oui, l’odeur des déjections peut attirer d’autres animaux, mais pas forcément pour les raisons que l’on imagine. Certains insectes, notamment les coprophages, sont attirés par les excréments qu’ils décomposent. Pour les autres mammifères, les crottes sont avant tout un marqueur olfactif qui signale la présence de sangliers. Un renard, par exemple, saura qu’un groupe est passé par là. Cela ne va pas nécessairement attirer des prédateurs dans votre jardin, mais cela participe à la communication chimique intense qui a lieu dans la faune sauvage.

Est-ce que l’assurance habitation couvre les dégâts causés par les sangliers ?

La couverture des dégâts causés par les animaux sauvages dépend entièrement de votre contrat d’assurance habitation. La plupart des contrats de base ne couvrent pas ce type de sinistre. Il faut souvent souscrire à une garantie optionnelle ‘dégâts extérieurs’ ou ‘jardin’. Il est conseillé de vérifier les clauses de votre contrat ou de contacter votre assureur pour connaître l’étendue de votre couverture. Prenez des photos détaillées des dommages comme preuve en cas de déclaration.

Existe-t-il des plantes que les sangliers détestent particulièrement ?

Bien qu’il n’existe pas de plante miracle ‘anti-sanglier’, certaines variétés sont réputées pour être moins appétissantes ou pour agir comme des répulsifs naturels grâce à leur odeur ou leur texture. Les plantes très odorantes comme la lavande, la menthe, le romarin ou l’ail peuvent les déranger. Les plantes à feuilles épineuses ou duveteuses comme les courges ou certains chardons sont également souvent évitées. Planter une haie défensive composée d’arbustes épineux (aubépine, prunellier, berberis) peut aussi constituer une barrière physique et olfactive efficace.

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